Comment se déplacent (vraiment) les Franciliens ?

4 min de lectureTransition énergétique
Début avril, l’institut Paris Région a publié une étude « extraordinaire »* sur la mobilité des Franciliens.
Pourquoi extraordinaire ? Le mot est fort, mais il n’est pas galvaudé, tant la méthodologie utilisée tranche avec ce qui est réalisé habituellement.
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Et qui dit « méthodologie innovante », dit « résultats inédits » …

Regardons ensemble les principaux enseignements de cette étude hors norme, et particulièrement instructive !

Pourquoi cette étude est-elle sans précédent ?

Pendant plus de 6 mois, 3 337 Franciliens âgés de 16 à 80 ans, ont été équipés de traceurs GPS pour suivre avec précision et exhaustivité leurs déplacements. Ce traceur GPS enregistrait la position des participants toutes les deux secondes. Ce sont plus de 500 millions de de points géolocalisés et horodatés qui ont pu être exploités. Des données fiables et complètes qui permettent d’obtenir, via des algorithmes, des résultats sans précédent en matière de mobilité des Franciliens.

Le but ? Connaître exactement les habitudes de mobilité pour adapter les politiques publiques en matière de mobilité. Cette étude a été financée et commandée par un consortium d’acteurs concernés au premier plan par la mobilité des Franciliens. (Région, Département, Ville de Paris, RATP, SNCF, Vinci Autoroutes…).

Quels sont les principaux enseignements de cette étude ?

Types de déplacements et durée

En semaine, un** Francilien se déplace en moyenne 92 minutes par jour**, à raison de 3,82 déplacements par personne. C’est bien moins le week-end (67 minutes le samedi et 49 minutes le dimanche). 24% des Franciliens ne se déplacent pas du tout le dimanche.

Ce temps de trajet est inégalement réparti. Les employés et les ouvriers se déplacent 10 minutes de plus que les autres actifs.

1/3 des déplacements ne sont pas reliés au domicile. Ils s’inscrivent dans une boucle de mobilité, par exemple en lien avec le lieu de travail.

La mobilité de proximité est privilégiée avec environ 40% des déplacements qui se font à l’intérieur de la commune. Ces déplacements intra-communaux sont valables pour tous les motifs, sauf pour le travail qui amène à changer de département dans près de 50% des cas.

Part modale : répartition des trajets selon le moyen de transport

Ce qu’on appelle part modale, c’est la répartition des trajets selon le moyen de transport utilisé. Cette part modale dépend nettement du lieu de résidence, mais aussi du trajet à effectuer.

La marche est ainsi majoritaire pour un déplacement à Paris intramuros, alors que la voiture prédomine largement pour un trajet en grande couronne. Les transports en commun sont majoritaires pour les échanges entre Paris et les couronnes (proche et grande couronnes).

Comme le montre ce graphique, à Paris, le vélo est désormais davantage utilisé que la voiture. Ce n’est pas le cas en petite et grande couronne. Au global, sur la totalité de l’île de France, la part modale du vélo s’élève à 8% des trajets. Un chiffre bien supérieur à ce qu’on constate à l’échelle nationale.

Le motif de déplacement conditionne aussi le mode de transport. Par exemple, pour tous les déplacements « non contraints » (achat, loisirs, affaires personnelles), c’est la marche qui est le premier mode de transport.

Pics de mobilité

Sans surprise, les déplacements se font majoritairement entre 7h et 9h le matin, et entre 17h et 19h le soir.
Notons également un pic de déplacement avec de la marche sur la pause déjeuner. Cette pointe au moment du déjeuner concerne des déplacements secondaires autour du lieu de travail.

Focus sur les déplacements domicile-travail

39% des déplacements sont effectués dans le cadre du travail. C’est le premier motif de déplacement et il structure les habitudes de mobilité des Franciliens. Si ces trajets représentent 39% des déplacements, ils durent 50% du temps de déplacement.

La durée du déplacement domicile-travail est en moyenne de 38 minutes par jour. 25% des actifs utilisent au moins 2 modes différents pour aller au travail dans la semaine, ce qui semble montrer une part relativement modeste pour l’intermodalité.

En ce qui concerne le télétravail, les Franciliens qui y en bénéficient le pratiquent en moyenne 2,1 jours par semaine. Le vendredi est le jour le plus « télétravaillé » de la semaine, surtout pour les cadres et les professions intellectuelles supérieures.

Si le taux d’occupation des véhicules atteint en moyenne 1,11 personnes pour l’ensemble des trajets, il s’établit à 1,04 pour le trajet domicile-travail. Ce chiffre montre la difficulté de mutualiser les trajets pour ce type de déplacements. Le levier d’amélioration est gigantesque.

En termes de parts modales, les transports en commun sont le premier mode pour aller travailler.

Grâce à ces données, le consortium d'acteurs de la mobilité à l'initiative de cette étude va pouvoir optimiser l’efficacité de l’offre de mobilité.

Il est par ailleurs prévu de prolonger cette étude en 2024 et de l’étendre pour affiner les résultats sur des thèmes précis : mobilité hebdomadaire, pratiques intermodales, pics horaires, portraits par département, mobilité atypique domicile-travail, etc.

Cette méthodologie innovante n’en est qu’à ses débuts… et nous serons attentifs aux nouvelles publications pour vous en partager les principaux enseignements.

Publié le 18 avril 2024
18 avril 2024
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