
Ayvens Mobility Guide 2026
Ayvens publie son European Mobility Guide 2026, une analyse annuelle consacrée à l’état d’avancement de l’électrification par pays. La Suisse fait partie des pays «développés» en matière d’électromobilité, mais accuse un certain retard à en termes de coûts et d’avantages fiscaux par rapport aux pays scandinaves les mieux placés.
Les cinq dimensions de la maturité électrique
La méthodologie et l’analyse mesurent et comparent le niveau de maturité d’un pays en matière de véhicules électriques selon cinq catégories principales:
- Adoption des véhicules électriques
- Infrastructure de recharge
- Fiscalité et réglementation
- Coût total de possession (TCO) des véhicules à batterie électrique (BEV) par rapport aux véhicules à combustion (ICE)
- Durabilité du mix électrique
Sur la base de cette évaluation, les pays européens sont répartis en trois degrés de maturité en matière d’électromobilité: «développés», «en mutation» et «émergents».
Principales conclusions transnationales de l’édition 2026:
- Les incitations fiscales sont devenues le principal moteur des décisions d’électrification des flottes en Europe.
- La Norvège, les Pays-Bas et la Belgique restent
- les marchés les plus matures en matière de véhicules électriques. Les pays du sud de l’Europe progressent plus lentement.
- L’infrastructure de recharge reste le principal obstacle en Europe de l’Est.
- Le coût total d’exploitation plaide désormais en faveur des véhicules électriques dans un nombre croissant de segments de flotte.
La Suisse fait partie des marchés «développés»
Avec un degré de maturité de 61 sur 100 pour les VE, la Suisse fait partie des marchés «développés» d’Europe. Le pays s’en sort particulièrement bien en ce qui concerne l’adoption des véhicules électriques, l’infrastructure de recharge et la durabilité du mix électrique: le nombre de stations de recharge est passé à 8877 l’année dernière (+843 par rapport à 2024), ce qui correspond à 1,9 station de recharge pour 1000 habitants. Dans le même temps, la part des véhicules électriques à batterie a augmenté de 8%, celle des véhicules hybrides rechargeables a progressé de 29%. La Tesla Model Y ainsi que les Škoda Elroq et Enyaq comptent parmi les modèles BEV les plus appréciés.
En revanche, la Suisse se situe dans la moyenne en ce qui concerne la fiscalité et la réglementation ainsi que les coûts d’exploitation totaux par rapport aux véhicules à combustion. Les véhicules électriques à batterie n’offrent actuellement qu’un avantage financier minime par rapport aux véhicules à moteur à combustion (CHF 0.41/km contre CHF 0.44/km). En ce qui concerne la fiscalité, les différences cantonales en matière d’allégements et de mesures d’incitation sont particulièrement floues, mais presque tous les cantons encouragent l’acquisition d’un BEV par des avantages fiscaux.
La maturité de l’électromobilité en Europe reste inégale
L’Europe du Nord et l’Europe de l’Ouest continuent de montrer la voie dans cette transition. La Norvège (93/100) se distingue à nouveau comme le marché des véhicules électriques le plus avancé, suivie par la Belgique (78/100) et les Pays-Bas (74/100). Ces pays bénéficient d’un cadre fiscal favorable, de réseaux de recharge bien développés et d’une rentabilité avantageuse des BEV.
À l’inverse, les marchés d’Europe du Sud et de l’Est, comme l’Italie (54/100) et l’Espagne (53/100), progressent plus lentement en raison de différences dans les conditions fiscales, les infrastructures de recharge et l’acceptation par les consommateurs. Alors que certains pays sont entrés dans la catégorie «en transition», comme la Slovénie (46/100), ou se rapprochent de la catégorie des marchés «développés», comme l’Irlande (59/100), l’électrification reste un objectif à moyen terme pour de nombreux marchés.
La fiscalité est devenue un facteur stratégique dans les décisions relatives aux flottes
Dans toute l’Europe, les années 2025 et 2026 ont marqué un tournant, les gouvernements ayant délaissé les subventions généralisées pour les véhicules électriques en faveur de mécanismes fiscaux plus ciblés et inscrits dans la durée. Dans de nombreux pays, les incitations en faveur des véhicules à moteur à combustion et les véhicules hybrides rechargeables sont progressivement supprimées, tandis que les pénalités appliquées aux véhicules à fortes émissions polluantes sont durcies.
En conséquence, les gestionnaires de flotte doivent de plus en plus adapter leur choix de véhicules à l’évolution des réglementations fiscales nationales, des régimes d’avantages en nature et des exigences réglementaires.
Les BEV sont désormais plus économiques sur la plupart des marchés d’Europe occidentale
Ce guide montre que, dans la plupart des pays d’Europe du Nord et de l’Ouest, les BEV sont désormais plus économiques que les véhicules à moteur à combustion grâce à des avantages fiscaux renforcés et à un coût total de possession plus faible. Le Portugal s’avère être l’un des marchés BEV les plus compétitifs en termes de coûts par kilomètre.
Toutefois, dans certaines parties de l’Europe de l’Est, la compétitivité du coût total de possession reste un défi, étant donné que les véhicules à moteur à combustion continuent de bénéficier de coûts d’acquisition et d’exploitation plus faibles.
L’infrastructure de recharge continue de croître, mais la confiance reste inégale
L’infrastructure de recharge publique s’est rapidement développée dans toute l’Europe, si bien que plus de 1,2 million de points de recharge publics seront installés d’ici fin 2025. Néanmoins, la densité et l’accessibilité des infrastructures varient encore considérablement d’un pays à l’autre, ce qui contribue à des rythmes d’adoption différents et à une inquiétude persistante concernant l’autonomie chez les conducteurs.
«Aujourd’hui, le passage aux véhicules électriques n’est plus une expérience pour les flottes suisses sur le plan technologique ou des infrastructures, mais une réalité économique. Notre Mobility Guide le montre également: pour être à l’avant-garde sur le marché européen, il faut non seulement un marché mature, mais aussi des conditions fiscales encore plus attrayantes et des avantages en termes de coûts pour les BEV», déclare Maartje van Tongeren, Managing Director d’Ayvens Switzerland.



