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Comment décarboner les évènements sportifs et culturels de l’été ?

4 min de lectureTransition énergétique
Festival de musique, épreuves sportives, manifestations culturelles : l’été est (enfin) là avec ses grands évènements qui fédèrent chaque année des millions de Français.
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Festival de musique, épreuves sportives, manifestations culturelles : l’été est (enfin) là avec ses grands évènements qui fédèrent chaque année des millions de Français. Ces grands évènements n’échappent pas aux préoccupations environnementales et tentent de devenir le plus eco-responsable possible. Quel est le poste le plus significatif d’émissions de gaz à effet de serre pour un grand évènement ? Quelles sont les nouvelles initiatives déployées cette année pour réduire ce poste d’émissions ? Réponses dans cet article !

La mobilité comme premier poste d’émissions !

Remplacer les gobelets jetables par des gobelets consignés, c’est bien, mais c’est anecdotique… Ce n’est pas sur ce type de postes que se trouve l’enjeu de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. En effet, le premier poste d’émissions d’un grand évènement concerne les déplacements des spectateurs. Ces émissions peuvent représenter entre 60% et 80% des émissions totales de l’évènement. 60%, c’est notamment le chiffre calculé par le projet « Declic1» pour un festival moyen en France. Ce projet, porté par les professionnels de la musique, est dotée d’une mission : « Décarbonons le live collectivement ! » La part des déplacements des spectateurs peut même atteindre 80% pour un évènement à dimension internationale. C’est ce qu’ont estimé les experts de Carbone42 en calculant les émissions de la Coupe du Monde de Rugby organisée en France en 2023. Bref, pour décarboner nos évènements sportifs et culturels de cet été, il faut s’attaquer à la mobilité. Bonne nouvelle, des initiatives originales et efficaces essaiment partout sur notre territoire.

Le train à petit prix

On ne présente plus l’Ultra Trail du Mont Blanc (UTMB), cet évènement iconique qui réunit les meilleurs traileurs du monde autour du Mont Blanc. Depuis plusieurs années, l’organisation a remplacé la voiture individuelle par des navettes pour que les spectateurs puissent rejoindre certains points de passage sur le parcours. En fermant les routes et en mutualisant le déplacement dans les navettes, l’organisation a évité des milliers de kilomètres parcourus en voiture. Pour l’édition 2024, l’UTMB va encore plus loin en s’attaquant aux déplacements pour se rendre à Chamonix, point de départ de la course. En effet, l’organisateur a proposé un code promo pour venir en train à petit prix. Avec ce code, les participants pourront réaliser le trajet Paris-Genève en TGV à 29€, puis bénéficier d’une navette à 15€ pour le trajet final Genève-Chamonix. Un partenariat avec la SNCF assez inédit qui joue efficacement sur le signal prix pour inciter les participants à rejoindre la ligne de départ en transport bas carbone !

Le billet de train comme sésame

Restons dans l’univers du trail running avec un autre évènement chamoniard qui innove cette année en matière de mobilité : le marathon du Mont Blanc. L’évènement qui affiche complet chaque année a décidé de réserver 40% de ses dossards en 2025 aux participants qui choisiront le train pour se rendre sur le lieu de départ. Une manière innovante d’encourager et de promouvoir ce mode de déplacement. Autre innovation 2025 à venir, la compensation carbone sera obligatoire pour tous les participants. En effet, chaque concurrent devra s’acquitter d’un don pour compenser les émissions de gaz à effet de serre générées par son déplacement.

Le covoiturage démultiplié

Le Hellfest, célèbre festival de hard rock s’est associé à la plateforme Tribulive pour proposer gratuitement (sans frais de plateforme) du covoiturage entre les festivaliers. Une initiative pratique pour mutualiser les déplacements de façon conviviale. L’an dernier, 1 300 festivaliers y ont eu recours, ce qui a permis d’éviter 44 tonnes de CO2. Souhaitons que ce record soit battu pour l’édition 2024 qui se déroule du 27 au 30 juin.

L’intermodalité organisée

Certains festivals se déroulent en zone rurale en ne sont tout simplement par desservis par des transports en commun. Pour éviter le recours systématique à la voiture individuelle, certains organisent des navettes gratuites entre les gares et le lieu de l’évènement. C’est notamment le cas du festival Papillons de nuit qui accueille près de 100 000 personnes en Normandie. Le festival met en place des navettes gratuites entre les gares et le lieu du festival, mais aussi à destination des principaux lieux d’hébergement autour du site. Ces navettes gratuites fonctionnent toute la nuit pour garantir aux festivaliers un trajet retour bas carbone et sécurisé.

Le vélo encouragé

Le festival Musilac à Aix les Bains a fait son bilan carbone et a constaté que 80% de ses émissions provenaient des déplacements de ses 110 000 spectateurs. Parmi d’autres mesures, le festival a décidé de mettre à disposition des festivaliers un parc à vélo gratuit et gardienné de 800 places. Une condition indispensable pour venir sereinement à vélo. Autre initiative encore plus originale avec le Slowfest qui inverse le paradigme. Ce ne sont plus les spectateurs qui se déplacent mais le festival qui qui se met en mouvement chaque jour à vélo pour aller à la rencontre des festivaliers. Slowfest pousse la réflexion au-delà de la mobilité en proposant des concerts en autonomie énergétique alimentée par des panneaux solaires qui se chargent des batteries pendant le trajet à vélo. Un festival itinérant et à vélo qui cheminera sur les pistes cyclables entre La Rochelle et Angoulême au mois d’août cet été.

Et si ces mobilités de l’été changeaient notre mobilité du quotidien ?

Des chercheurs de la coopérative Sociotopie travaillent sur la mobilité des festivals. Ils émettent comme hypothèse que ces mobilités alternatives ponctuelles pourraient avoir un impact sur la mobilité du quotidien. La pratique d’une nouvelle mobilité dans un festival peut changer les imaginaires et donner envie de l’adopter plus régulièrement : la culture au service des mobilités durables.

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Publié le June 27, 2024
June 27, 2024
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